Bonjour Doc, ici Randall de UnAirNeuf.org. Je viens justement d'y poster un papier sur la neurobiologie de l'addiction. Selon son pape français, Jean-Pol Tassin (Inserm, Collège de France), s'il y a effectivement stimlation de la dopamine, ce n'est pas le plaisir qui est la base de l'addiction au tabagisme. D'une façon générale, la dépendance permet de combler une souffrance, le DÉPLAISIR d'un manque, ce qui n'est pas la même chose. Tassin a aussi montré expérimentalement que la nicotine SEULE ne rend pas dépendant (on ne devient pas dépendant avec des patchs et il n'y a pas de toxicos à la nicotine). Et la nicotine seule ne comble pas le manque de façon durable. La nicotine pharmaceutique est un attrape-nigaud(e)s donc. Voila la science. Reste la propagande, bien organisée... UnAirNeuf.org a publié plus de 1000 articles pour la dénoncer : il y a du grain à moudre donc, et ça ne faiblit pas ! http://unairneuf.org (sans pub ni sponsoring)
ÉTABLIR LE RÔLE DES NEUROTRANSMETTEURS
« Depuis une trentaine d’années, on met en cause un seul neurotransmetteur au sujet de l’addiction : la dopamine. Mais on se trompe », affirme Jean-Pol Tassin, du laboratoire Physiopathologie des maladies du système nerveux central. Certes, ce messager chimique du plaisir est libéré en plus grande quantité par le cerveau lors de la prise de substances addictives. « Mais cela ne suffit pas à expliquer le basculement vers la dépendance, poursuit le chercheur. Pour preuve, aucun médicament bloquant les effets de la libération de la dopamine, comme les antipsychotiques, n’a d’effet curatif sur l’addiction. »
Avec son équipe, Jean-Pol Tassin pointe deux autres neurotransmetteurs : la noradrénaline, donneuse d’alerte qui relaie vers le cerveau les changements extérieurs (variations de lumière, de bruit, etc.), et la sérotonine qui, en régulant la première, protège d’une réaction trop violente à ces changements. « Nous avons montré que, lors de la prise de drogues, ces deux systèmes sont activés de façon simultanée, explique le chercheur. Or, si vous mettez en phase deux systèmes de façon répétée et artificielle, le lien naturel, physiologique, qui maintient leur synchronisation disparaît. Le toxicomane en état de sevrage souffre de ce découplage, qui produit une sensation de malaise liée à une perception déréglée de l’environnement. Il prend de la drogue pour remettre en phase les systèmes et être soulagé le temps de son action. »
L’équipe a aussi découvert que la nicotine ne provoque ce découplage que si elle est associée à d’autres produits contenus dans le tabac. Cela pourrait expliquer les résultats d’une récente étude américaine remettant en cause l’efficacité des patchs de nicotine : ne contenant que cette substance, ils ne peuvent servir efficacement de produits de substitution.
Surtout, avec ses collègues, Jean-Pol Tassin est sur le point d’identifier les rouages de ce fameux découplage à l’échelle moléculaire, au niveau des récepteurs de la sérotonine et de la noradrénaline, situés sur les neurones. « Nous mesurons les quantités de neurotransmetteurs grâce à des sondes implantées dans le cerveau de souris qui ont été sensibilisées par plusieurs injections de drogue », commente le chercheur. Mais sur l’homme, cette technique invasive est exclue. « Nous attendons donc beaucoup des futurs progrès en imagerie médicale », conclut-il.