Les rétines artificielles franchissent une nouvelle étape
Sandrine Cabut note en effet dans Le Figaro :
« Permettre à des aveugles de retrouver une vision suffisante pour reconnaître les objets usuels et lire des gros caractères.
C’est le résultat qui peut désormais être obtenu avec les dernières générations d’implants rétiniens ».
La journaliste fait savoir que « l'équipe d'Eberhart Zrenner (université de Tübingen, Allemagne), l'une des plus en pointe au monde dans ce domaine, publie aujourd'hui des données spectaculaires dans les Proceedings of the Royal Society B ».
Sandrine Cabut explique que « l'équipe de Tübingen a conçu un implant de 3 mm de côté avec 1.500 diodes, ce qui correspond à une image de 38×40 points ou pixels. Selon les études, au moins 600 pixels sont nécessaires pour permettre la lecture, 1.000 pour identifier un visage ».
« Cette rétine artificielle a été implantée au niveau sous-rétinien, à la place des photorécepteurs, chez trois patients âgés d'une quarantaine d'années, aveugles de longue date du fait d'une rétinopathie pigmentaire. Ils ont ensuite été soumis à une série de cinq tests visuels. Tous ont pu visualiser des objets clairs posés sur une table foncée. Les performances ont été nettement supérieures chez un des volontaires qui a réussi à reconnaître précisément des objets, et même, après entraînement, à déchiffrer des lettres et des mots », précise la journaliste.
Les auteurs écrivent que « malgré les défis persistants sur le plan biologique et technique, nos résultats montrent que les prothèses rétiniennes électroniques peuvent être une alternative pour restaurer la vue d'aveugles qui ne peuvent pas bénéficier d'autres options comme la thérapie génique ou des médicaments neuroprotecteurs ».
Laurent Frichet 3 Novembre 2010