L'exploitation du thon rouge va se poursuivre sous l'impulsion principale du Japon

L'exploitation du thon rouge va se poursuivre sous l'impulsion principale du Japon

AFP
La conférence sur le commerce des espèces menacées a rejeté jeudi à Doha la suspension des exportations de thon rouge

Monaco avait proposé d'inscrire cette espèce de thon à haute valeur commerciale à l'Annexe I de la Convention internationale sur le commerce des espèces sauvages menacées (CITES) afin de la protéger de la surpêche.

Le Japon, principal consommateur de thunnus thynnus et qui s'y opposait, a été largement suivi par les pays en développement. 


La proposition destinée à interdire le commerce international de thon rouge a donc été rejetée par 68 voix, contre 20 favorables et 30 abstentions.

La proposition européenne, qui prévoyait un délai d'inscription à l'Annexe I, a également été rejetée par 72 voix contre 43 et 24 abstentions.

La conférence est passée rapidement au vote sur proposition de la Libye, qui a court-circuité les amendements que proposait d'apporter Monaco, ainsi que l'offre européenne, soutenue par la Norvège notamment, d'ouvrir un débat en groupe de travail.

"J'espère un débat autour des arguments scientifiques et éviter qu'on passe brutalement au vote", avait confié le représentant de la principauté de Monaco avant le début de  la réunion.

"C'est très décevant et très irresponsable", a jugé de son côté Sue Lieberman, directrice des politiques internationales du PEW Environment Group, basé à Washington, qui a regretté que "l'avenir du thon rouge soit désormais renvoyé dans les mains de l'ICCAT", la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique, qui réunit les pays pêcheurs.

La déception de Bruxelles
La Commission européenne a déploré jeudi le refus de la conférence de la CITES de suspendre les exportations de thon rouge d'Atlantique-Est et de Méditerranée.

"Nous sommes déçus par la décision de la CITES de rejeter la proposition de l'Union européenne", ont déclaré les commissaires à l'Environnement Janez  Potocnik et à la Pêche Maria Damanaki dans un communiqué commun.

"Nous regrettons que les autres parties à la convention n'aient pas été convaincues, mais l'UE reste déterminée à préserver le thon rouge et attend de l'ICCAT (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique qui réunit les pays pêcheurs) qu'elle prenne ses responsabilités", ajoutent les deux commissaires.

"Il y a une réelle menace que le thon rouge soit menacé de disparition", ont-ils averti.

18/03/2010 Info France 3