"Imf go home" (Le FMI dehors). Banderole à Athènes le 27 avril
AFP/Aris Messinis Les taux à deux ans ont bondi tout près de 18% à 17,94%, contre 15% mardi soir, ce qui traduit la crainte des investisseurs sur un défaut de paiement du pays à court terme.
Résultat, les bourses européennes continuaient à baisser mercredi après les chutes de mardi, provoquées notamment par la baisse des notes de la dette grecque et portugaise.
Autre conséquence, l'euro a touché mercredi un nouveau plus bas d'un an contre le dollar.
Le déficit de la Grèce pourrait atteindre les 14% de son PIB en 2009 (au lieu de 13,6), avait indiqué Athènes mardi. De plus, Athènes avait fait monter la pression sur l'Europe en indiquant avoir besoin de financements avant la date prévue du 19 mai car elle "ne peut pas" emprunter sur les marchés en raison de taux prohibitifs.
Résultat, les bourses européennes ont plongé mardi, entrainées par les financières. Paris a ainsi terminé en recul de 3,8% (pire journée de 2010); Madrid de 4,1%. Même New York a été touché (-1,90%) tout comme l'Asie, mercredi matin (heure de Paris).
Une grève générale est prévue en Grèce le 5 mai prochain.
Un sommet européen vers le 10 mai
Côté européen, le président de l'UE Herman Van Rompuy a annoncé mercredi la convocation d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Eurogroupe "autour du 10 mai" (au lendemain d'élections en Allemagne), une première depuis une réunion tenue à l'automne 2008 à Paris sur la crise financière.
Dominique Strauss-Kahn a estimé mardi que si le FMI et l'Union européenne n'aident pas les Grecs, ceux-ci "vont être dans une situation insoutenable. Il n'y a pas d'autre solution pour en sortir", a affirmé le patron du FMI dans un entretien à "La Tribune" de mercredi.
Les deux chambres du Parlement allemand pourraient décider d'ici au 7 mai le déblocage de l'aide à la Grèce par Berlin, mais ce calendrier n'est pas garanti, a estimé mardi un responsable parlementaire allemand à Bruxelles. La chancelière allemande Angela Merkel, dont le gouvernement affronte des élections le 9 mai, a indiqué lundi avoir "confiance" dans les négociations en cours entre la Grèce, l'UE et le FMI, qui doivent aboutir au programme d'économies qu'exige Berlin pour un déblocage de fonds pour Athènes.
Par contagion, celui des emprunts du Portugal, autre pays de la zone euro qui se débat avec une dette importante, s'est également renchéri.
Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République (DLR), a estimé mardi que la "vraie solidarité" serait d'"aider la Grèce à sortir de l'euro" plutôt que "d'administrer de la morphine" à la monnaie unique européenne.
"L'annonce par le gouvernement français qu'il pourrait engager jusqu'à 6,3 milliards d'euros (de prêts, ndr) pour sauver la Grèce du défaut de paiement contraste violemment avec les sempiternelles restrictions imposées au citoyen", écrit le député de l'Essonne (ex-UMP).
28/04/2010 Info France 3