Les marchés européens ont terminé vendredi avec des baisses importantes dans une ambiance très erratique

Paris a clôturé à -4,60 % après avoir touché les -5,16% l'après-midi.

"Des seuils techniques ont été franchis à la baisse, précipitant des  mouvements de ventes massives de titres", selon Meescharet Gestion privée.

Les gens qui veulent parier contre l'euro le font à travers les valeurs financières plutôt que via le marché obligataire ou les devises.

 

 

Le recul sur les financières est très accentué: Axa -6,56%, Société générale -8% , BNP Paribas -5,68% et Crédit Agricole: -7,20%. Aucune valeur du CAC 40 n'a terminé en hausse.L'indice vedette a perdu 163,52 points à 3.392,59 points, dans un volume  d'échanges extrêmement étoffé de 10,526 milliards d'euros.

A la clôture, Milan affichait -3,27%, Francfort -27%, Madrid -3,28%,  Londres -2,62%, Amsterdam -4,24%. La bourse d'Athènes a clôturé en baisse de -2,86%, le SMI suisse de -2,85%, le BEL 20 de -4,33%. 

Les deux Bourses de Moscou ont également plongé:  le RTS, la principale place boursière moscovite, chutait de  5,54% à 1.370,07 points, tandis que le Micex cédait 5,38% à 1.291,69 points.

 

En fin de séance, les acheteurs ont cependant repris le pas sur les vendeurs, offrant au final aux places boursières des baisses moins fortes que durant les heures précédentes.     

"Après les valeurs espagnoles et italiennes, il y a maintenant un rattrapage sur les valeurs financières françaises. C'est pourquoi BNP Paribas, qui est une valeur phare de la zone euro, est vendue par ceux qui veulent sortir de leur exposition à la région", ajoute-t-on chez Meeschaert. 

"C'est un peu la panique, la peur d'une contagion (des problèmes de la dette grecque à l'ensemble de l'Europe du Sud). Plus le marché baisse et plus les 'stop-loss' (programmes de ventes automatiques) se déclenchent", commente un trader à Paris. "On n'est plus vraiment dans le rationnel."

 

La bourse de Paris avait  limité ses pertes en début d'après-midi, après la publication de chiffres du chômage américains salués par les investisseurs. Puis elle s'est mise a plongé.

 

Du mieux outre-Atlantique
Aux Etats-Unis, le taux de chômage en avril a certes progressé (à 9,9%, contre 9,7% en mars)  mais les créations nettes d'emplois sont ressorties nettement supérieures aux  attentes. Quelque 290.000 emplois nets ont été créés en avril, soit le chiffre le plus élevé depuis mars 2006.

 

Malgré ces chiffres, qui montrent une croissance soutenue accompagné d'une reprise des emplois, Paris a ensuite très vite replongé, signe que les données macro-économiques sont actuellement largement ignorées par les marchés  boursiers.

Craintes sur l'Europe du Sud

Inquiets des risques de contagion de la crise grecque, les investisseurs craignent également les conséquences sur la consommation  et la croissance des plans de rigueur que s'apprêtent à mettre en place  plusieurs pays européens, y compris ceux considérés comme les plus solvables. 

La Bourse de New York était en nette baisse  vendredi matin, imitant des places européennes elles-mêmes en fort repli, dans  un marché très nerveux après plusieurs séances difficiles sur fond de crise  grecque: le Dow Jones perdait 1,80% et le Nasdaq 2,92%. 

07/05/2010 Info France 3