Le réalisateur et scénariste français Alain Corneau, auteur de films à succès comme "Série noire" et "Fort Saganne", est décédé à l'âge de 67 ans, a-t-on appris lundi auprès de son agent, Artmédia.
Malade, le cinéaste s'est éteint dans la nuit de dimanche à lundi, a déclaré une porte-parole.
En 1991, son film "Tous les matins du monde" avait été récompensé par sept César, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur. Sa dernière oeuvre, "Crime d'amour", avec Kristin Scott Thomas et Ludivine Sagnier, est sortie sur grand écran le 18 août.
Né le 7 août 1943 à Meung-sur-Loire (Loiret), Alain Corneau s'est d'abord fait connaître dans le registre du film policier, avec notamment "Police Python 357" en 1976.
Vint ensuite son premier grand succès, "Série noire", sélectionné au festival de Cannes en 1979, qui met en scène le quatuor Patrick Dewaere, Marie Trintignant, Myriam Boyer et Bernard Blier.
La fresque épique "Fort Saganne (1984)", avec Gérard Depardieu et Sophie Marceau, rencontrera un public nombreux, tout comme, sept ans plus tard, l'esthétique et intimiste "Tous les matins du monde". Le comédien Jean-Pierre Marielle y incarne Marin Marais, violiste du XVIIe siècle.
"Nocturne indien", "Le Cousin" et "Stupeur et tremblements", d'après le roman d'Amélie Nothomb, figurent parmi ses succès récents.
Compagnon de la cinéaste Nadine Trintignant, passionné de jazz, grand voyageur, Alain Corneau a touché, à travers une vingtaine de films, à tous les styles de cinéma, du polar à la saga historique.
"UNE TRADITION CORNEAU"
"C'était sa force", a commenté sur LCI le directeur de la Cinémathèque française, Serge Toubiana. "C'était un homme d'une grande curiosité, tourné vers les autres. Il avait du plaisir à partager avec les autres son amour du cinéma, son amour de la littérature".
Pour son confrère Claude Lelouch, "il y a une tradition Corneau", qui "fait partie de ces quelques metteurs en scène qui ont un vrai style, une vraie personnalité dont on reconnaît l'écriture".
"C'est toujours très triste la mort d'un artiste", a déclaré Gérard Depardieu sur RTL. "Il y a eu beaucoup de souffrance dans ces dernières semaines. C'est comme pour François Truffaut qui nous avait dit 'ne vient pas me voir'".
Alain Chabat, qui avait tourné sous sa direction dans "Le Cousin", a salué sur la même radio "un mec très joyeux, très énergique, très enthousiaste et passionné".
Dans le monde politique, le président de la République a salué la mémoire d'un "très grand réalisateur", un homme "aimé des cinéphiles autant que des mélomanes".
"Après Bernard Giraudeau en juillet, le cinéma français est à nouveau frappé par une perte cruelle. Avec Alain Corneau disparaît un très grand réalisateur, vaincu lui aussi dans la force de l'âge par la maladie", peut-on lire dans un communiqué du président de la République.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a salué "un des grands maîtres du cinéma français".
"Il était universellement admiré pour la précision de sa mise en scène, pour sa capacité à porter les acteurs au meilleur d'eux-mêmes et pour l'émotion profonde et poétique qu'il savait traduire à l'écran", écrit-elle dans un communiqué.
Reuters Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse News Yahoo 30/08/2010