Grève des dockers pour garder leurs privilèges
Les dockers à Fos-sur-Mer touchent 4 600 € bruts par mois pour 36 heures par semaine. Ce salaire n’est justifié par aucun diplôme ou qualification quelconque, ni même par la pénibilité du travail : on ne porte plus les sacs sur le dos depuis bien longtemps grâce aux machines. Fort heureusement le soleil de Provence limite les dégâts : les dockers peuvent en effet invoquer un "droit de retrait" les jours de pluie ! Les grutiers du port touchent eux un salaire brut de 2 900 € par mois pour… 14 heures par semaine. Sans compter les primes qu’ils reçoivent (pouvant s’élever jusqu’à 1 000 €) pour bien vouloir s’occuper des urgences des clients, urgences bien souvent générées par une organisation désastreuse. Il faut savoir en effet que la gestion du port autonome (public) est dissociée de celles de sociétés privées de manutention, avec des horaires de fonctionnement différents de ceux des grutiers et des dockers !
Extrait de l'article paru sur le site de la fondation iFRAP sous le titre "Marseille : Quand la CGT coule le port".
Arvor 56 07/10/2010
Cour des Comptes :
Le coût de cette mauvaise organisation du travail
Même si les comparaisons internationales sont peu nombreuses, il est possible d'obtenir un ordre de grandeur de la faible productivité des terminaux français. Selon l'Observatoire des coûts de passage portuaire, en 2005, les coûts de manutention représentent, partout en Europe, au moins la moitié du coût de passage portuaire pour l'escale d'un porte-conteneurs (ce coût comprend également l'accès au navire, les services au navire, le coût du navire et les droits de port). Or le Port de Marseille pâtit d'un coût de manutention qui est 50 % plus élevé qu'à Anvers, un tiers plus cher que ceux des autres ports méditerranéens et 20 % plus cher qu'à Rotterdam31(. En effet, le nombre d'EVP manutentionnés à Fos serait de 350 par an et mètre de quai en 2002, contre 400 au Havre et 1.300 à Anvers. Selon d'autres sources, le nombre de conteneurs traités par mètre linéaire au Havre ou à Marseille représente en moyenne le quart de la performance du port d'Anvers).
Deux raisons principales expliquent pourquoi ces coûts de manutention sont si élevés aux ports du Havre et surtout de Marseille.
D'une part, les portiqueurs et les dockers ne bénéficient pas de la même convention collective et ils effectuent des horaires de travail en décalage, ce qui provoque parfois une durée d'escale du navire excessive.
D'autre part, contrairement à ce qui se pratique à l'étranger, chaque portique est conduit par une équipe de deux portiqueurs, soit une durée de travail productif de 14 heures par semaine et par portiqueur.
Arvor 56 07/10/2010
Les ports français privatisés laissent les privilèges aux anciens dockers, mais les nouveaux dockers ou caletiers n'en bénéficient plus.
DOC