Une simulation de vol vers Mars testée à Moscou
L'équipage -trois Russes, un Français, un Italo-Colombien et un Chinois- ne sera pas soumis à l'apesanteur, mais passera 520 jours dans des conditions spartiates, son quotidien étant rythmé par les expériences scientifiques et les exercices physiques.
Le principal objectif de «Mars-500» est d'étudier les effets du long isolement imposé par un voyage vers Mars afin d'aider un futur équipage à mieux gérer le stress et la fatigue.
«Lorsque tout le monde interagit avec les mêmes personnes dans le même espace, les habitudes deviennent visibles très rapidement. Elles peuvent irriter et causer l'indignation et même des accès d'agressivité», explique Mikhaïl Barichev, un psychothérapeute lié au programme.
Conditions presque réelles
L'expérience, menée par l'Institut pour les problèmes médicaux et biologiques, basé à Moscou, en coopération avec l'Agence spatiale européenne (ESA) et les autorités spatiales chinoises, simulera le vol de 250 jours vers Mars, une exploration de 30 jours de la surface de l'astre et le voyage retour de 240 jours.
Plusieurs modules interconnectés d'un volume total de 550 mètres cubes ont été construits pour l'expérience. Les membres de l'équipage communiqueront avec l'extérieur via Internet, mais la liaison sera occasionnellement perturbée pour reproduire les conditions d'un véritable voyage spatial.
Ils se nourriront d'aliments en boîte similaires à ceux actuellement proposés aux occupants de la Station spatiale internationale (ISS) et ne pourront prendre une douche qu'une fois tous les dix jours. L'équipage aura deux jours de repos hebdomadaire, sauf en cas de simulation d'une urgence.
L'ESA précise que l'équipage jouera également à des jeux vidéo dans le cadre de son programme pour développer un logiciel personnalisé destiné à interagir avec les équipages de futures missions spatiales.
En attendant 2030...
Si «Mars-500» pourrait donner des indications utiles pour une future mission martienne, un tel voyage spatial n'est pas pour demain étant donné les difficultés techniques induites.
Les Etats-Unis et la Russie projettent chacun de construire un vaisseau qui pourrait être utilisé pour une mission vers Mars, mais la phase de conception de l'engin n'en est encore qu'au stade initial.
Le mois dernier, le président américain Barack Obama a évoqué un possible vol habité américain vers la planète rouge pour le milieu des années 2030.
ap/sbo 02.06.2010 tsr.ch/info/sciences-tech