Le cannabis augmente le risque d'attaques cérébrales
Martine Perez indique dans Le Figaro que « la liste des effets secondaires [du cannabis] vient encore de s'allonger hier avec la présentation lors de la Conférence internationale sur les attaques cérébrales, organisée à Hawaï aux États-Unis, d'une enquête montrant que le fait de fumer du haschisch multiplie par 2,3 le risque d'avoir un AVC chez les jeunes ».
La journaliste rappelle que « jusqu'à présent, le risque de faciliter le début d'uneschizophrénie, celui d'altérer la motivation scolaire et professionnelle, de réduire le quotient intellectuel, d'augmenter le cancer du poumon plus que le tabac (du fait d'une inhalation plus profonde en particulier), le risque d'infarctus du myocarde, représentaient les principaux dangers de la consommation régulière de cannabis ».
Martine Perez explique que « des chercheurs de l'université d'Auckland en Nouvelle-Zélande se sont penchés sur 160 personnes âgées de 18 à 55 ans venant d'être frappées par une attaque cérébrale. Toutes ont bénéficié lors de l'arrivée aux urgences de l'hôpital, en plus du bilan habituel, d'un test de dépistage de cannabis dans les urines. Au total, 16% des patients avaient un test positif, essentiellement des hommes, de surcroît fumeurs ». La journaliste ajoute que les chercheurs « ont choisi par tirage au sort un groupe témoin de 160 personnes, de même âge et de même niveau socio-économique et les ont soumises aux mêmes tests, y compris de recherche de drogues. Parmi ces témoins, seuls 8,1% présentaient des traces de cannabis dans les urines ».
Le Pr Alan Barber, coauteur de l'étude, remarque que « c'est la première enquête qui démontre un lien possible entre le risque d'attaques cérébrales et le cannabis. On a dit au public que le cannabis était sûr, même si c'était une drogue illégale. Notre travail montre que cela pourrait ne pas être le cas. Le cannabis pourrait conduire à l'accident vasculaire cérébral ».
Martine Perez relève toutefois que « dans cette enquête, tous les malades fumeurs de cannabis consommaient aussi du tabac, sauf un. Le tabac est également un facteur de risque cardio-vasculaire ». Le Pr Barber, qui « va bientôt mener une autre étude sur ce sujet », répond : « Nous pensons que le facteur en cause dans notre travail, c'est le cannabis et pas le tabac ».
« Il faudrait sans doute désormais que dans tous les services d'urgence recevant des personnes frappées d'AVC, une recherche systématique de prise de cannabis soit effectuée pour continuer à mesurer l'impact de ce produit sur le cerveau », conclut Martine Perez.
Laurent Frichet Médiscoop Tsavopresse 7 Février 2013
