«Salles de shoot» : les leçons des expériences étrangères
Le Figaro revient sur le « feu vert [du gouvernement] pour tenter l'expérience d'une salle de consommation de drogue à Paris », et se penche sur « les leçons des expériences étrangères. […] Six pays européens, l'Australie et le Canada ont mis en place des lieux permettant aux usagers de drogues par injection de se piquer dans de bonnes conditions d'hygiène. Avec des résultats plus ou moins concluants ».
Le journal note qu’« il existe dans le monde un retour d'expérience important depuis la mise en place de la première structure de ce type, en Suisse, en 1986. Entre la fin des années 1980 et le début des années 2000, l'Allemagne, les Pays-Bas puis l'Espagne développent petit à petit un réseau de centres. […] En 2004, on dénombre un total de 62 centres dans ces 4 pays. En 2005, la Norvège met en place à Oslo son premier service d'injection supervisée, suivi l'année suivante par le Luxembourg ».
Le Figaro précise que « ces campagnes sont différentes dans leurs objectifs […] et dans leurs conditions d'application. […] Les nombreux rapports existants permettent toutefois d'apporter quelques réponses rassurantes aux grandes interrogations liées aux conséquences de leur implantation. Tout en soulevant quelques doutes quant à leur efficacité ».
Le journal se penche ainsi sur « les aspects positifs » : « pas d'augmentation de l'utilisation de drogues », « diminution des nuisances sans augmentation de la délinquance autour des centres », « impact positif sur les pratiques d'injection », et sur « les doutes soulevés » : « pas d'incidence avérée sur la réduction du nombre d'usagers touchés par le VIH ou l'hépatite C », « difficulté de mise en place et d'acceptation par la collectivité », « développements ponctuels de trafics à petite échelle ».
Le Figaro retient donc que « le retour d'expérience européen montre un impact globalement positif des centres d'injection supervisée. Pour autant, les médecins français n'en veulent pas. Le Conseil national de l'Ordre a notamment fait part en avril 2011 de sa réserve en prenant position contre les salles d'injections supervisées qui «lèveraient un interdit» et «cautionneraient l'utilisation de drogues illicites par le corps médical». L'Inserm note de son côté qu'ils ne peuvent constituer qu'«une mesure complémentaire» devant répondre à «des besoins identifiés» ».
La Croix note aussi qu’« une première salle de consommation de drogue va ouvrir à Paris », et remarque que « ce dispositif, qui divise les élus comme les professionnels de santé, provoque la colère des riverains du 10è arrondissement de Paris ». Libération relaie pour sa part les « réactions très vives dans l’opposition », citant des propos de responsables politiques : « défaire morale », « empoisonnement assisté », « dénaturation totale de la société »...
Laurent Frichet Médiscoop Tsavopresse 7 Février 2013
