Le dessinateur et scénariste Jean Giraud, alias Moebius, est mort
Le lieutenant Blueberry est orphelin. Son créateur, Jean Giraud dit Moebius, l'un des monuments de la bande dessinée est mort samedi 10 mars. Jean Henri Gaston Giraud (son vrai nom), qui signait également Gir certaines de ses œuvres, aurait eu 74 ans en mai. "Il est mort ce matin des suites d'une longue maladie", a indiqué à l'AFP sa belle-soeur et proche collaboratrice.
Après une enfance à dessiner des cow-boys et des indiens et une formation à l'Ecole des arts appliqués, Jean Giraud, né le 8 mai 1938 à Nogent-sur-Marne, avait commencé à publier ses premiers dessins à 18 ans pour la publicité et la mode, avant de collaborer à des illustrés comme Fripounet et Marisette.
La bande dessinée western et la science fiction
De retour de la guerre d'Algérie, où il fit son service militaire, il commença à publier une série western dans le magazine Spirou, puis dans Pilote : c'est ainsi que naquirent les aventures du lieutenant Blueberry, ancrées dans ce monde en friches du "Wild, Wild West" : cinq albums inscrits sur deux décennies de 1861 à 1881, qui donnèrent lieu à plusieurs adaptations télévisées et un film, signé Jan Kounen en 2004, avec Vincent Cassel dans le rôle titre.
Mais Moebius c'était aussi et même surtout pour ses adeptes, un chaman féru de fantastique et de science-fiction : c'est d'ailleurs pour signer les premières illustrations d'une série de magazines et de livres sur la SF, à la fin des années 60, qu'il créera le pseudonyme de Moebius, emprunté à un mathématicien allemand. C'est sous ce nom d'emprunt qu'il a réalisé la série L'Incal, être mystérieux et double - l'Incal Lumière et l'Incal Noir - aux pouvoirs surpuissants mais pas maléfiques, scénarisé par le réalisateur chilien Alexandro Jodorowsky.
Collaborations pour le cinéma
Au cours de sa carrière, Moebius a collaboré aux titres les plus prestigieux de bande dessinée comme, outre ceux déjà cités, Hara Kiri et L'Echo des Savanes. Au cinéma, il collabore à la conception de films : Alien de Ridley Scott, Abyss de James Cameron ou encore Le Cinquième élément de Luc Besson.
Il aimait se mettre lui-même en scène dans certaines oeuvres, comme dans Inside Moebius, où il apparaissait avec nez rouge et cheveux clairsemés. "Une chose importante dans ce métier, c'est d'être capable de s'évaluer. Surtout au début... après on s'en fout, confiait-il. A l'heure actuelle, je serais incapable de dire quelle est ma valeur en tant que dessinateur". Le marché de l'art l'a fait pour lui. Fin 2007, une planche d'Arzach s'est vendue 58 242 euros aux enchères.
http://www.francetv.fr/info 11/03/2012